1

Pourquoi évangéliser ?

du 9 au 15 septembre

umit-bulut-143016-unsplash

Pour la 4ème année consécutive, nous allons commencer l’année scolaire par la préparation du Dimanche des Curieux.

A travers cet événement c’est une prise de conscience, un choc que je désire susciter. « Évangéliser est une nécessité qui s’impose à moi » (1 Co 9, 16), disait saint Paul.

Sous bien des aspects la situation en Europe aujourd’hui s’apparente aux débuts du christianisme, car les chrétiens sont redevenus minoritaires au milieu d’une culture païenne. En effet, en moins d’un demi-siècle, un changement spectaculaire s’est opéré. Alors qu’en 1965, 95 % des Français se disaient chrétiens et 25 % d’entre eux pratiquaient, aujourd’hui seulement 30 % des Français se reconnaissent chrétiens et moins de 2 % pratiquent, ce qui correspond à une diminution annuelle de 1 million de chrétiens en France par an durant ces 40 dernières années.
Rien ne nous permet de dire que cette tendance va maintenant s’inverser.

Durant les années 70 se sont distillées dans la conscience collective deux idées délétères :

  • La religion est une affaire qui doit demeurer dans la sphère privée.
    Il est devenu tabou d’en parler.
  • Ce n’est pas d’aller à la messe qui fait de nous des chrétiens.

Si la génération des baby-boomers a secoué le fardeau d’une religion chrétienne qui lui semblait trop hégémonique, la foi se doit d’être aujourd’hui le fruit d’un engagement conscient et libre.

Ces chiffres pourraient nous conduire au fatalisme et à l’inaction.
Toutefois une question se pose : sommes-nous face à une sortie de la religion comme l’ont prophétisés Nietzsche ou Marcel Gauchet ? Je ne le crois pas ! La soif de spirituel prend d’autres formes, plus cachées parfois ésotériques.
L’anticléricalisme qui a marqué une grande partie du XXème siècle laisse place bien souvent à l’ignorance ou la méconnaissance.
Mais lorsqu’apparaît chez nos contemporains un questionnement spirituel ce n’est pas vers l’Église qu’ils se tournent, parce qu’elle leur paraît, à tort ou à raison, comme un lieu moralisateur ou moribond.

Si nous ne créons pas des ponts, si nous ne facilitons pas l’accès à nos communautés chrétiennes, ce sont d’autres formes de salut qu’ils chercheront. Nous sommes pourtant riches d’une tradition spirituelle si belle…

Ce n’est pas moins qu’une révolution que nous devons appeler de nos vœux. Un ami m’a fait parvenir un texte du pape François, que je trouve particulièrement inspirant.

« Aujourd’hui, un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas chrétien. Je ne comprends pas les communautés chrétiennes qui sont fermées. Dans l’Évangile, il est beau le passage qui nous raconte que le berger revient et s’aperçoit qu’il lui manque une de ses 99 brebis et part la chercher… Frères et sœurs, mais nous en avons une seule, il nous en manque 99 ! ». Nous devons demander au Seigneur la générosité, le courage et la patience pour sortir et annoncer l’Évangile. Il est plus facile de rester à la maison avec notre unique brebis, pour la brosser et la caresser, mais nous les prêtres et tous les chrétiens, le Seigneur veut que nous soyons des pasteurs, pas des brosseurs de brebis. Il y a eu beaucoup de révolutionnaires dans l’histoire, mais aucun n’a eu la force de la révolution apportée par Jésus, une révolution qui change en profondeur le cœur de l’homme. Dans l’histoire, les révolutions ont changé les systèmes politiques, économiques, mais aucune n’a vraiment modifié le cœur de l’homme. La vraie révolution, celle qui transforme complètement la vie et elle a été accomplie par Jésus ».

La foi chrétienne a déjà initié une authentique révolution. Ce fut au début de son histoire. Paul proclamait que tous, esclaves, homme libres, hommes ou femmes participent à la même dignité de fils de Dieu. A ceux qui pensaient que les dieux étaient objets de crainte et de soumission, il annonçait un Dieu, aimant et miséricordieux. Personne n’avait parlé de la sorte…

C’est parce que le discours des apôtres était révolutionnaire qu’il s’est répandu comme une traînée de poudre. Et c’est parce que le message de l’Eglise n’est plus perçu comme révolutionnaire mais plutôt rétrograde, c’est parce que pour beaucoup il a des airs de déjà vu, voire se résume à un contenu simpliste, ou moralisant, qu’il est devenu inaudible.

L’Évangile nous pousse-t-il à être révolutionnaire ? A sortir de notre zone de confort ? Nous bouscule-t-il ? Ne risquons-nous pas de réduire l’Eglise à un petit cocon où il est bon de se retrouver « entre soi » et l’Évangile à un code de bonne conduite ? « C’est le moment, il est l’heure de sortir de votre sommeil » nous admoneste saint Paul dans sa lettre aux Romains. Nous devons sortir du mutisme dans lequel nous nous sommes parfois enfermés.
Comme le rappelait le père Theillard de Chardin :

« L’avenir appartient à ceux qui donnent à la génération future des raisons d’espérer ».

Notre culture restera chrétienne si nous acceptons de prendre une part active à l’annonce de l’Évangile.

CETTE SEMAINE

Dès cette semaine,

je vous invite à prier pour découvrir quelles personnes
le Seigneur vous appelle à inviter.

Ouvrons largement notre paroisse le 14 octobre prochain.
Cette quatrième édition sera réussie si chacun accepte de s’engager,
par la prière et l’action.